2024 – Worhshop Photographique – Centre Claude Cahun avec Adeline Praud et l’Oeil Parlant
Photographies numériques brodées
Une des premières choses que j’ai remarquées en venant m’installer dans l’estuaire de la Loire, c’est son industrie imposante et invisibilisée tant elle figure partout dans le paysage.
Cordemais est l’une des dernières centrales thermiques à charbon de France. Fleuron d’une industrie en déclin, la centrale fait partie du paysage de l’estuaire de la Loire. Visible de Nantes à Saint-Nazaire, ses trois cheminées culminant à 220 mètres de hauteur en font une symbolique attachante pour les habitants de l’estuaire. Le Voyage à Nantes en exploite même le capital sympathie, notamment avec une œuvre-gîte gisant aux côtés de cette vieille fumeuse qui a consumé des millions de tonnes de fioul et de charbon depuis bientôt soixante ans.
En me penchant sur l’impact environnemental de Cordemais, je me rends compte qu’il est loin d’être anodin. Outre la provenance des matières premières carbonées des quatre coins de la planète, la centrale rejette dans l’atmosphère, par la combustion du charbon, dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, particules fines et autres métaux lourds. Des rejets qui se retrouvent dans l’air, dans l’eau et sont à l’origine de cancers du poumon et de la vessie, de maladies respiratoires aiguës, de maladies cardio-vasculaires, de maladies neurodégénératives et de leucémies infantiles. Cynisme et déraison sont un amer constat de nos modes de vie. Car à travers mon travail, je ne cherche pas à condamner la centrale de Cordemais, mais à révéler l’impact qu’a notre consommation énergétique sur notre santé et sur l’environnement à l’échelle globale. Nos besoins en énergie ne font que s’accroître et sa production ne se fera jamais sans conséquence.